Balado Transactionnel :

Bonjour, bienvenue dans ce second épisode du Balado Transactionnel dans lequel nous allons découvrir la théorie des transactions selon l’analyse transactionnelle.Lorsqu’il réfléchit à sa théorie des contacts sociaux, en particulier dans :  « Analyse Transactionnelle et psychothérapie » Berne propose l’idée de « transactions » pour comprendre comment fonctionne l’échange d’informations entre deux personnes humaines.

Il définit la transaction comme étant :  « l’aspect manifeste des échanges sociaux » qui sont caractérisés d’une part par un stimulus et de l’autre par une réponse. Cette définition de la transaction s’applique donc à l’aspect « manifeste » autrement dit, « visible » ou « conscient » de l’échange.

Une transaction représente donc l’aspect conscient (visible) de l’échange entre deux ou plusieurs humains, qui est lui-même constitué de deux éléments : le stimulus et la réaction au stimulus.

Plus loin, Berne fait un lien entre « transactions » et « signes de reconnaissance » expliquant qu’une transaction est « un échange de signes de reconnaissance, contenant un stimulus et une réponse, provenant d’un État du Moi de l’un des interlocuteurs et s’adressant à un Etat du Moi de l’autre ». Dans cette définition le message (le contenu) de l’échange serait dont essentiellement constitué de signes de reconnaissance.

En résumé : la théorie Transactionnaliste conçoit donc l’action de communiquer comme fondé sur l’échange de « signes de reconnaissance » entre un « émetteur » qui transmet le stimulus et un « récepteur » qui y réagit.

Ainsi, quand deux personnes communiquent ensemble, la théorie transactionnelle montre qu’apparaissent, au court de l’échange 6 états du moi, Un Etat du Moi Enfant, Adulte et Parent pour chacun des interlocuteurs, soit 3 Etats du Moi par personne.

Étant donné que les états du moi de chacun des communicants diffèrent pour chacun des individus, il est important de noter quel  est l’état du moi qui est actif chez chacun des interlocuteurs lors d’un échange. »

On part donc d’un émetteur qui envoie un stimulus depuis l’un de ses États du moi vers l’un des États du moi d’un récepteur.

Ce récepteur répondra également depuis l’un de ses États du moi en visant un des États du moi de celui qui a envoyé le stimulus : chaque aller et retour est appelé «une Transaction».

Ces échanges comprennent des paroles, des signaux corporels para verbaux et non verbaux.

L’Analyse Transactionnelle reconnaît trois grands types de transactions :

  • Les Transactions complémentaires
  • Les Transactions croisées
  • Les Transactions à double niveau ou à double fond (Potentiellement piégées).

Les Transactions complémentaires ou parallèles :

Une transaction est complémentaire lorsqu’elle n’implique que deux State du Moi : un par personne.

Autrement dit lorsque c’est l’état du moi qui est visé qui répond, la transaction est complémentaire.

Exemple : « Quelle heure est-il ? » réponse : « Il est 18H35 ».

Dans une transaction complémentaire, la relation est égalitaire et signe de qualité relationnelle. C’est pourquoi Berne en a tiré une loi de la communication qui dit que :

« Lorsque les transactions sont complémentaires, la communication se poursuivra aussi longtemps que le sujet de la conversation le permette, ou jusqu’à ce qu’un interlocuteur change de mode de communication ».

Ainsi avec des transactions complémentaires :

  1. L’échange est possible, même pour une dispute,
  2. Il peut se dérouler jusqu’à l’épuisement du sujet
  3. Mais il risque de s’éterniser ou de tourner en rond.

Les Transactions croisées :

Une transaction est croisée quand il y a plus d’un Etat du Moi impliqué par interlocuteur dans l’échange.

Autrement dit, lorsque l’État du Moi auquel le stimulus est adressé ne réagit pas et que c’est un autre qui réagit, ou bien que la réaction ne s’adresse pas à l’état du Moi qui a émis le stimulus, la transaction est croisée.

En voici une illustration : une personne, à partir de son Adulte, s’adresse à une autre en visant son Adulte, « A quelle date viens-tu me voir? », mais celle-ci répond vers le Parent à partir de son Enfant : « Vas-tu m’en vouloir si je ne viens pas ? ».

Dans une transaction croisée, la relation est inégalitaire et signe d’instabilité relationnelle. C’est pourquoi Berne en a tiré la loi de la communication suivante :

Les transactions croisées provoquent l’arrêt de la conversation et/ou le changement de sujet de la conversation.

Ce qui a pour corolaire que les transactions croisées sont un excellent outil pour changer le sujet d’une conversation.

Les Transactions à double niveau ou à double fond :

Une transaction est à double niveau quand, en plus du message verbal (appelé ici le niveau social), il y a un autre message, non verbal (appelé le niveau psychologique).

Ce sont des transactions CanadaDry : cela ressemble à une transaction complémentaire ou à une transaction croisée, mais ce n’en est pas une.

Ici, en plus du message visible, il y a un message caché qui s’adresse à l’autre sous le déguisement d’une transaction complémentaire le plus souvent ou croisée de temps en temps.

En voici une illustration : une personne, à partir de son Adulte, s’adresse à une autre en visant son Adulte, « Quelle heure est‘il chérie ? », mais avec un sous entendu : « tu traines »

Dans une transaction à double niveau, la relation est potentiellement piégée et source de conflits. C’est pourquoi Berne en a tiré la loi de la communication suivante :

Quand les transactions sont à double niveau, c’est le niveau psychologique (celui qui est caché) qui est le plus important, et c’est lui qui va déterminer la suite de l’échange.

Ainsi, la réponse qui suivra l’exemple précédent sera quelque chose du style :  « Laisse moi tranquille, je n’ai pas fini…. » avec un sous entendu «  tu me casses les pieds ».

  • Les transactions à double niveau sont souvent faites sans que personne n’en ait conscience. C’est ce type de transaction qui constitue le démarrage des stratagèmes ou jeux psychologiques.
  • C’est l’une des tâches de l’Adulte que d’être attentif, non seulement au contenu, mais encore au processus de la communication. Nous avons toujours la possibilité de choisir l’Etat du Moi que nous utilisons pour répondre. Celui qui choisit, a le pouvoir de diriger la communication.
  • Quand les transactions sont complémentaires, la communication peut se poursuivre indéfiniment (« Dis-moi à quelle heure est ton train ? A 20h, tu peux venir me chercher ? Oui, tu penses à me rapporter mon livre ? Oui, il est déjà dans mon sac… »).
  • Quand les transaction se croisent, la communication change : soit elle s’arrête, soit elle continue mais à la condition que l’un des interlocuteurs change d’État du moi et restaure ainsi le parallélisme : « À quelle date viens-tu me voir ? » (A→A), « Tu vas m’en vouloir si je ne viens pas ? » (Enfant qui « vise » un Parent Nourricier) → par exemple : « Mais non, bien sûr tu viendras quand tu pourras » (réponse du Parent Nourricier vers l’Enfant), mais il est difficile de donner une réponse à partir de l’Adulte.
  • Dans les transactions cachées ou à double fond, c’est la prise en compte – et donc la réponse complémentaire – au message psychologique, et non au message social, qui détermine la continuité, la fluidité de la communication.

Rappel des trois règles de la communication ?

Exemple : « Tu veux venir prendre un dernier verre chez moi ? », message social AA lancé à minuit entre deux personnes qui s’attirent sans se le dire encore et un message caché EE « Tu veux passer la nuit avec moi ? ». Si le verre est accepté, il y a de grandes chances que cela inclue aussi le café du matin… Dans cet exemple du « dernier verre », si la réponse est oui et que votre interlocuteur s’en va après son verre en disant merci, vous serez sans doute quelque peu désarçonné(e)… Vous « entendiez » bien le oui comme une réponse à votre message caché ! Dans ce cas, la réponse aurait pu être « Alors juste un verre », sous-entendu non au message caché (et non qu’il/elle n’a pas très soif) : et vous étiez fixé. En revanche, si la réponse est non, bien qu’il/elle ne réponde qu’à propos du verre, vous devrez sans doute ré envisager la relation…

En conclusion :

Nous avons vu que la théorie transactionnelle permet de comprendre les différents modes de communication entre les humains selon trois grandes catégories de transactions qui peuvent être classées en deux catégories : Les transactions simples (celles qui n’impliquent que deux états du moi) comme les transactions complémentaires et les transactions complexes (celles qui impliquent plus de deux états du moi) comme les transactions croisées, et les transactions cachées.

Merci d’avoir écouté ce second épisode du Balado Transactionnel. Nous vous donnons rendez-vous dans un mois pour un nouvel épisode.

Merci de nous dire dans les commentaires ci dessous les sujets que vous aimeriez que nous développions dans les prochains épisodes.