Nous vivons dans une société qui cultive la réussite et met en avant le succès. L’avènement du développement personnel depuis les années 80 encourage également de plus en plus de personnes à se mettre en route sur le chemin du succès.

Ainsi, voit on fleurir ici et là une quantité impressionnante d’offres du style : « Apprenez à mieux vous connaître pour aller plus loin dans votre professionnelle », «  Organisez votre potentiel pour accroitre votre impact » « j’écris ma vie pour mieux me connaître », « Développez votre optimisme et votre joie de vivre » etc.

L’une des idées phares de ce mouvement issues principalement des travaux de Carl Gustav JUNG et d’Alfred ADLER est que « chaque personne possède en elle-même les ressources dont elle a besoin pour avancer dans la vie ».

C’est une belle idée, mais qui à mon sens est plutôt mal comprise et qui, de ce fait, génère plus de mal que de bien dans la vie de nos contemporains. Je m’explique :

Dans une culture de la « réussite à tout prix », les personnes qui ne réussissent pas, ou qui végètent dans leur vie professionnelle ou privée sont fustigées. Lorsque ces personnes en difficultés cherchent une oreille attentive pour les aider, elles n’ont certainement pas besoin, ni envie qu’on leur explique qu’elles ont en elles toutes les ressources pour réussir. Ce qui revient à leur dire très maladroitement que si elles ne réussissent pas c’est de leur faute.

S’il est vrai que nous avons une part importante de responsabilité dans le fait de réussir ou d’échouer, il est vrai également que nous n’avons pas tout pouvoir sur notre vie.

Yves Richez qui a beaucoup travaillé scientifiquement sur les relations entre le potentiel et le talent à démontré que l’un dépend de l’autre.

Le potentiel c’est ce qui est extérieur à l’homme

Le talent c’est ce que nous sommes naturellement capables de mettre en œuvre, pour actualiser le potentiel.

Autrement dit, sans potentiel un être humain talentueux ne réussira pas. Il est donc en partie faux de dire que nous avons en nous l’intégralité des ressources nécessaires pour avancer dans notre vie.

Cette idée a donc des effets pervers sur le développement de certains de nos contemporains qui :

  • se sentent mal parce qu’ils ne réussissent pas,
  • culpabilisent de ne pas être capables de mettre en œuvre des ressources qu’ils sont censés avoir,
  • refusent de prendre le risque de faire des erreurs, car ils ont peur d’échouer.

Et voilà justement l’erreur fondamentale : refuser de faire des erreurs par peur de l’échec.

J’aime à me souvenir de ce poème de Kipling qui s’appelle  « si » et qui dit ceci :

« Si tu peux rencontrer triomphe après défaite et recevoir ces deux menteurs d’un même front … Tu seras un homme mon fils ! »

Car comme le disent également Bandler et Grinder, les pères fondateurs de la Programmation Neuro-Linguistique : « l’échec n’existe pas, il n’y a que de l’information ».

De plus le fait d’avancer par essai et erreur constitue jusqu’à preuve du contraire la meilleure méthode pour apprendre. Faire des erreurs reste un bon moyen pour avancer dans la vie.

Il n’est donc pas grave de ne pas réussir. Ce qui est grave, c’est de ne pas tirer de leçon des erreurs commises par le passé.

Pierre COCHETEUX, partenaire de votre bien-être au travail.