Dans le premier article de cette série, nous avons défini l’agressivité et nous avons découvert que celle-ci comprenait deux aspects : un aspect d’origine biologique et un aspect d’origine psychologique.

Dans le monde animal, lorsqu’il y a perception d’un danger potentiel, les trois attitudes instinctives de défense sont : la fuite, l’attaque, la sidération.

Cette semaine nous allons découvrir que lorsqu’un être humain est confronté à une situation stressante, il va réagir selon des attitudes fondamentalement similaires à celles des animaux, mais dans un ordre différent.

Nous verrons ensuite que la  signification que nous attribuons aux événements prend une place importante dans la naissance des conflits, et donc dans la gestion de l’agressivité.

Les trois réactions fondamentales au stress, chez l’humain

Lorsque nous sommes confrontés à une situation qui nous apparaît comme stressante, voire dangereuse, nous allons réagir en suivant un schéma basé sur les mêmes attitudes défensives que celle des animaux, mais dans un ordre différent, et avec un degré de complexité plus important.

Ce schéma est le suivant : la sidération, la fuite et l’attaque.

Imaginez que votre chef de service entre dans votre bureau de manière imprévue et qu’il vous attaque de manière injuste à propos d’une erreur que vous n’avez pas commise.

Votre première réaction sera certainement d’être sidéré et de vous sentir totalement paralysé. Il n’est pas rare en effet chez les victimes de harcèlement de se reprocher par la suite de n’avoir rien fait ou de n’avoir rien vu.

C’est pourtant normal, puisqu’il s’agit de la première attitude défensive, chez l’être humain.

  1. La sidération est une étape pendant laquelle notre respiration est coupée,  nos mouvements sont ralentis ou totalement stoppés, et durant laquelle l’intégralité de notre énergie physique et psychique est mise à la disposition de notre cerveau afin qu’il ait le temps d’évaluer la situation et de réfléchir à des issues possibles.
  2. La fuite : une fois cette étape passée, nous chercherons à prendre la fuite. Et contrairement aux animaux, nous disposons ici, de deux options différentes pour fuir la situation d’agression :
    1. Nous dérober : plutôt que d’affronter la situation en direct, nous allons dans un premier temps chercher à nous dérober de différentes façons : en faisant l’autruche, en jouant à cache-cache, en changeant de sujet, ou en redéfinissant la situation.
    2. Prendre la fuite : ce n’est que si nous prenons conscience qu’il nous est impossible de nous dérober que nous prendrons la fuite. Chez l’être humain, la fuite se manifeste soit par le fait de quitter le lieu du combat, soit en prenant de la distance vis-à-vis de l’agresseur.
      Par exemple, lors d’une crise de couple, l’un des deux partenaires pourra partir en claquant la porte, ou s’isoler dans la pièce d’à côté. Il pourra aussi rester avec l’autre, mais cesser de lui répondre et faire autre chose.
  3. L’attaque : sera le dernier rempart qui nous permet de nous protéger en cas d’agression. Chez nous, l’attaque peut se manifester directement par un comportement physique ou indirectement par des sarcasmes, des insultes, une dévalorisation de l’autre, etc.

L’aspect psychologique des choses : le sens que nous donnons.

Les conflits ne naissent pas toujours de situations de danger ou d’attaque de la part des autres.

Dans certains cas nous percevons un danger, réel ou imaginaire en interprétant les intentions des autres.

De même, nous pouvons nous-mêmes devenir agressifs lorsque nous sentons qu’une de nos valeurs a été violée ou que nous nous sentons attaqués dans notre identité.

Notre besoin de nous sentir respectés et reconnus par les autres comme une personne digne de foi peut satisfaire notre soif de reconnaissance.  Cependant, l’autre peut nous ignorer volontairement ou non. Il peut aussi se montrer maladroit dans sa communication avec nous.

De même que nous pouvons interpréter ses propos ou ses comportements, comme une agression, et ce même si cela n’était pas son intention première.

Certains sujets sont sources de facteurs déclenchant l’agressivité. Parmi eux figurent en bonne place :

  • Les questions relatives à notre espace vital ou à notre territoire,
  • Les questions relatives à notre identité, notre estime de nous-mêmes, le respect et la considération  à laquelle nous estimons avoir droit,
  • Les questions relatives à la justice,
  • Les questions relatives à notre compréhension, à nos capacités, à notre statut, à nos compétences,
  • Les questions relatives à notre confort.

De même, certaines situations sont également sources de conflits potentiels.

Par exemple, dans certaines administrations, les usagers sont contraints d’attendre parfois très longtemps face à des professionnels qui font mine d’être occupés, ou de ne pas percevoir les personnes qui sont en face d’elles.

Ou encore, le fait de devoir s’expliquer à propos de choses relativement intimes dans un endroit où la confidentialité n’est pas respectée : guichet de banque, centre des impôts, comptoir de pharmacie, etc.

Conclusion

Cette semaine, nous avons appris que les réactions spontanées et naturelles de l’être humain face à l’agression s’organisent dans le sens inverse des réactions animales. Nous avons également découvert que nous disposons de plus d’options que les animaux quand il s’agit de prendre la fuite.

En effet si nous pouvons nous enfuir en courant, nous pouvons également prendre de la distance, changer de sujet, redéfinir celui-ci, ou user de mille et une stratégies pour ne pas avoir à répondre à notre agresseur.

Je vous invite à me faire part dans les commentaires ci-dessous des questions que vous vous posez à propos de la gestion de l’agressivité. Je m’efforcerai d’y répondre dans un prochain article.