Ne vous est-il jamais arrivé de vous retrouver stupéfait en face d’une personne qui se met subitement à vous agresser, à vous bousculer, à vous critiquer, à vous crier dessus, voire à vous insulter ou à vous manquer de respect ?

Aujourd’hui, l’agressivité est partout : dans la rue, dans les magasins, et même parfois jusque dans nos propres foyers.

Je vous propose  une série d’articles dont l’objectif sera de décortiquer avec vous quelques-unes des causes de l’agressivité pour vous aider à mieux la gérer.

Je commence cette série par une définition de l’agressivité et une recherche des causes de ce mode d’expression.

Qu’est-ce que l’agressivité ?

D’après Yvane WIART, Docteur en psychologie et chercheur au laboratoire de psychologie de l’université de Paris, l’agressivité consisterait à s’en prendre à une autre personne ou à ce qui est important à ses yeux (ses parents, ses amis, ses animaux, ses réalisations, ou ses biens).

Les analystes transactionnels ajoutent que l’agressivité peut également se retourner contre soi-même.  Ils appellent cela « l’invalidation »,  qui est l’une des formes de la passivité.

Selon les définitions de la psychologie classique, l’agressivité serait la manifestation de la tendance à vouloir nuire à autrui, que ce soit de façon réelle, imaginaire ou symbolique. Il serait ici utile de distinguer deux aspects de cette expression pulsionnelle :

  • La notion biologique : l’agressivité est ici un instinct naturel lié aux besoins de survie ou une réaction  face à un danger réel.
  • La notion psychologique : qui confirme la notion biologique en y ajoutant la question du sens.

Les origines de l’agressivité

Comme nous l’avons vu dans le paragraphe précédent, l’agressivité est  un instinct naturel lié aux besoins de survie, ou à la réaction face à un danger réel ou imaginaire.

Cette définition nous donne une première piste des origines de l’agressivité.

Ainsi, il est possible de comprendre la personne agressive comme étant :

  • en manque, ou dans une situation d’insatisfaction face à un besoin vital (je pense ici à une personne vivant dans la rue et qui se mettrait subitement à insulter un passant ayant refusé de lui donner une petite pièce)
  • en difficulté face à un danger (par exemple, un client à qui son banquier viendrait de refuser un prêt et qui de ce fait se retrouverait dans une très grande insécurité financière).

Dans la nature, les animaux en difficulté, ou plutôt en danger de mort, réagissent généralement par trois attitudes instinctives pour se protéger :

  • S’enfuir : la première réaction d’un animal  qui perçoit un danger potentiel est de s’enfuir. L’objectif ici est de fuir le plus vite possible sans même chercher à comprendre pourquoi. Il est intéressant de noter que dans cette phase, il se produit en même temps une modification du métabolisme de l’animal qui lui permet de mobiliser l’ensemble de ses ressources énergétiques afin d’alimenter ses muscles à l’organisation de sa fuite.
  • Attaquer : mais il arrive que l’animal ne puisse pas s’enfuir, dans ce cas il passera en mode « attaque ».  Dans cette seconde étape, l’énergie toute entière de l’animal passe dans le combat. Il s’agit pour l’animal d’une forme de réflexe. C’est le chien qui mord pour défendre ses petits par exemple.
  • Faire le mort : s’il se trouve que le rapport de force est inégal, et que la solution de l’attaque s’avère être inefficace, la dernière option sera de faire le mort. Dans cette troisième et dernière phase, les fonctions métaboliques de l’animal ralentissent, en particulier sa respiration et sa digestion, lui laissant ainsi un maximum de chances de passer inaperçu.

La première origine de l’agressivité se trouve donc dans notre instinct de survie, qui est inscrite dans notre biologie.

Mais chez l’homme en particulier, la question du sens est des plus importantes et peut également être à l’origine d’une forme d’agressivité.

Conclusion

Dans ce premier article, nous avons défini l’agressivité et compris que celle-ci avait des origines inscrites dans notre instinct de survie, mais également des causes d’origines plus psychologiques notamment avec la question du sens que je développerai dans l’article prochain.

En attendant la semaine prochaine, je vous invite à témoigner de forme instinctive d’agressivité dont vous auriez pu être le témoin ou que vous avez vécu vous-même, dans les commentaires ci-dessous.

Vous pouvez également m’indiquer quels sont les axes de réflexion que vous aimeriez que je développe dans les prochains articles de cette série.