Attaques de panique

Quand je discute avec mes patients a propos des émotions et de leur utilité, j’ai souvent cette remarque en guise de réponse : « Les émotions négatives ne servent à rien ».

Dans cet article, je souhaite démonter les deux idées reçues qui se cachent dans cette petite phrase pas si anodine qu’elle en a l’air, puis vous donner quelques cles pour comprendre les attaques de panique.

Les émotions ne sont ni négatives, ni positives.

La première idée reçue qui se cache dans cette phrase est qu’une émotion pourrait être positive ou négative. Il n’en est rien puisqu’une émotion n’est rien d’autre qu’un signal que nous adresse notre corps ou notre inconscient afin de nous aider à prendre conscience de ce qui « se passe dans notre environnement externe ou interne ».

Les émotions ne servent à rien.

C’est ici la seconde erreur, les émotions, puisqu’elles sont des signaux servent nécessairement à quelque chose. Elles ont chacune une fonction bien définie.

Beaucoup de professionnels commettent l’erreur de penser qu’une fois passer le seuil de l’entreprise, les émotions n’ont plus leur place. Il s’agit d’une erreur puisque si l’on se prive des signaux d’alertes de notre corps, nous nous mettons dans des situations délicates.

Illustration avec la peur

La peur est l’une des quatre émotions fondamentale chez l’être humain. L’émotion « Peur » se définit comme la réponse que nous avons à la perception d’un danger.

En règle générale, lorsque nous percevons un danger dans notre environnement nous réagissons de deux manières différentes :

  1. Nous ressentons l’émotion « Peur »
  2. Nous mettons inconsciemment en marche des mécanismes de défenses ou de protections.

Ainsi, si je perçoit en me baladant dans la rue une agression au loin, je vais ressentir de la « peur » et j’aurai envie de prendre la fuite ou au contraire de combattre les agresseurs.

Les trois réponses habituelles de la peur

La psychologie observe classiquement trois réactions spécifiques à la peur :

  1. L’effroi : dans ce cas, la personne concernée reste tétanisée sur place, elle demeure immobile et incapable de réagir. Elle semble muette.
  2. Le combat ou l’agression : ici la personne vas choisir l’option du combat ou de l’agression contre la source perçue du danger. Cette réaction est particulièrement active chez des personnes qui se sentent acculées et sans autre option de défense possible.
  3. La fuite : C’est la réaction la plus courante. Face à un danger, la personne sursaute, crie et s’enfuit.

Quelle est la différence entre la peur et la panique ?

La panique est différence de la peur parce qu’il s’agit d’un sentiment de terreur soudain qui se manifeste par de l’agitation et de l’anxiété irréfléchie et disproportionnée par rapport à la situation réellement vécue par la personne concernée.

Ce qui caractérise la panique c’est que contrairement à la peur (qui est une réaction saine face à un danger), la connexion avec la réalité est coupée. Au lieu de faire face au danger perçu, la personne va imaginer des événements, des situations ou des scénarios catastrophiques.

La personne qui fait une crise de panique n’est plus en capacité de réagir adéquatement à la situation réelle qui se présente à elle.

Autre caractéristique, une fois amorcée la panique va s’auto-entretenir toute seule.

Comment savoir si je fais des crises d’attaque de panique ?

Pour parler de crises de paniques, il est nécessaire de remplir un certain nombre de critères :

En premier lieu, une attaque de panique est délimitée dans le temps. Elle doit survenir de façon soudaine et atteindre en moins de 10 minutes un pic d’inconfort ou de crainte et dans lequel on retrouve au moins 4 des symptômes suivants :

  1. Palpitations, battement de cœur ou accélération du rythme cardiaque,
  2. Transpiration,
  3. Tremblements ou secousses musculaires,
  4. Sensations de « souffle coupé » ou impression d’étouffement,
  5. Sensation d’étranglement,
  6. Douleur ou gêne thoracique,
  7. Nausée ou gêne abdominale,
  8. Sensation de vertige, d’instabilité, de tête vide ou impression d’évanouissement,
  9. Déréalisation « sentiment d’irréalité » ou dépersonnalisation « être détaché de so »,
  10. Peur de perdre le contrôle ou de devenir fou,
  11. Peur de mourir,
  12. Paresthésies « sensations d’engourdissement ou de picotements »,
  13. Frissons ou bouffées de chaleur.

Que faire en cas de crise de panique ?

Les crises de paniques sont des dysfonctionnements de l’émotion « Peur », il est donc nécessaire d’en parler à votre médecin traitant, et éventuellement de consulter un thérapeute qui pourra vous aider.

En attendant, le meilleur conseil que je puisse vous donner est de laisser venir la panique sans chercher à la combattre et d’attendre qu’elle passe, en règle générale une attaque de panique ne dure que quelques minutes et très rarement plus de 20.

Pierre COCHETEUX, partenaire de votre bien-être au travail.

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