De nombreuses personnes n’existent qu’au travers du service des autres. Elles ont souvent tendance à penser que cela constitue un signe de générosité. Parfois même, elles pensent que c’est la condition pour être elles-mêmes heureuses.

Malheureusement les choses ne fonctionnent pas ainsi. Sauver les autres a un prix, celui de l’enfermement dans une fausse mission et bien souvent de la solitude.

Avez vous déjà remarqué que tous les grands héros sont célibataires ou ont de très grosses difficultés à poursuivre une relation stable avec leur moitié ? Spiderman, Batman ou autre Superman en sont une belle illustration.

Avant de pouvoir s’occuper correctement des autres, il est nécessaire de prendre le temps de s’occuper de soi. Il est utile de savoir prendre soin de soi. Ainsi par exemple Jésus apprend à ses disciples d’aimer son prochain, comme soi-même. (Marc Chapitre 12 versets 31). Nous avons malheureusement trop souvent tendance à oublier la seconde partie de la phrase, qui pourtant lui donne tout son sens.

Pour pouvoir donner, il faut être en capacité de recevoir. Pour devenir un « sauveteur professionnel » c’est à dire une personne dont la mission professionnelle est d’aider ou d’accompagner les autres, il faut d’abord être en capacité de s’occuper correctement de soi-même.

Les plus grands hommes et femmes qui ont marqué l’histoire de l’humanité par leurs actions humanistes prenait régulièrement des temps de retraites pour s’occuper d’eux même et s’isoler du monde : L’abbé Pierre, Méré Theresa ou Martin Luther King.

Pratiquer le « Moi d’abord » n’est pas être égoïste

L’égoïsme se définit comme la tendance d’une personne à être totalement centré sur elle-même et à ne considérer le monde extérieur (donc les autres) qu’en fonction de ses intérêts propres.

L’égoïsme est souvent opposé à l’altruisme qui est la capacité qu’une personne a l’amour désintéressé d’autrui.

Mais comment aimer l’autre de façon totalement gratuite, si j’ai faim, si je ne suis pas heureux dans ma propre vie. N’y a-t-il pas là, de façon sous-jacente, l’attente plus ou moins consciente, que l’autre me traite en retour comme je le fait pour lui ?

Les Analystes Transactionnels considèrent que pour être en mesure d’aider l’autre il faut avoir un contrat explicite avec lui. C’est à dire à minima d’avoir une demande d’aide clairement formulée par l’autre. Du style, « j’ai besoin d’aide pour mon prochain déménagement, serait tu disponible tel jour ? ». Et encore, ils insistent sur le fait qu’il est prudent de vérifier trois autres points avant d’accepter :

  1. Avez-vous les compétences pour le faire ?
  2. Avez-vous envie de le faire ?
  3. Êtes-vous certains de ne pas faire plus de la moitié du travail de l’autre ?

Faute d’une réponse affirmative à ces quatre conditions, ils considèrent qu’il existe un risque non négligeable d’entrer dans un jeu psychologique. C’est à dire que d’une façon ou d’une autre, nous ferons payer le service rendu à l’autre tôt ou tard.

Conclusion

Pour entretenir avec les autres des relations saines et réellement altruistes, il est nécessaire d’être bien et en accord avec soi-même. Prendre du temps pour s’occuper de soi prioritairement n’est donc pas égoïste. C’est la condition indispensable et fondamentale pour pouvoir occuper sainement des autres et être en capacité de les aider réellement.

Pierre COCHETEUX, partenaire de votre bien-être au travail.