Bonsoir à tous et bienvenue à cette conférence sur le thème des jeux psychologiques.

Avant d’entrer dans le sujet qui nous intéresse aujourd’hui, je vais prendre quelques instants pour me présenter.

Je m’appelle Marlène Mazouz, je suis consultante et coach.

Après une longue pratique professionnelle dans le domaine de la formation et la création de 2 organismes, je fonde et dirige médiation formation conseil en 1993. Sa vocation est d’accompagner les salariés d’entreprise, les consultants, les coach, les éducateurs  dans les domaines de l’analyse transactionnelle, du développement personnel, de l’efficacité professionnelle et dans la prévention des risques psycho-sociaux, plus précisément sur le thème de l’analyse transactionnelle. Je travaille avec d’autres analystes transactionnels certifiés au développement de nos activités en croisant nos savoirs et nos compétences.

Je suis analyste transactionnelle certifiée depuis 2003.  Et je suis enseignante et superviseur sous contrat avec l’E.A.T.A depuis 2008 dans le champ des organisations.

Je suis membre de l’institut français de l’analyse transactionnelle, donc l’I.F.A.T. et de l’association européenne d’analyse transactionnelle E.A.T.A.

Et enfin, je dispose d’un lieu de supervision régulier pour ma pratique professionnelle.

Ce soir, je vous présente le concept des jeux psychologiques.

C’est un sujet très vaste et pour lequel  il est nécessaire de connaître un certain nombre  de concepts pour s’approprier ce concept de jeux psychologiques. Mon objectif à l’issue de cette conférence est d’aiguiser votre curiosité et de vous donner envie d’en savoir plus.

Une information à l’intention des puristes : il  se peut que je n’utilise pas le vocabulaire habituel c est volontaire pour permettre aux non-initiés de comprendre directement de quoi nous parlons.

Pour mon introduction, j’ai choisi de vous raconter 2 histoires  et je m’appuie notamment et encore une fois volontairement sur des personnages de contes de fées et de séries télévisées que je trouve très intéressants pour appuyer mon propos.

Pour chacune de ces 2 histoires, je vous poserai des questions et vous y répondrez.  Je vous donnerai ensuite des éléments de réponses pour alimenter votre réflexion.

Voici notre première histoire :

Deux collègues de bureau sont en train de bavarder :

Lucie s’adressant à Chantale lui dit :

  • « Cela fait 4 ans que je travaille dans cette entreprise, bientôt 3 ans que je travaille pour le même patron, il m’a encore dit l’autre jour qu’il était très content de moi, de mon travail mais ne m’a jamais parlé d’augmentation. »
  • « Et bien lui dit Chantale, va le voir et dit lui. »
  • Oh non je n’ose pas, je n’ai jamais eu à demander une augmentation, c’est toujours mes patrons qui ont pris l’initiative de m’en donner une sans que je demande rien. »
  • « Justement, dit Chantale, c’est l’occasion de te lancer, de t’affirmer. »
  • « Ah oui mais qu’est-ce qu’il va penser de moi si je lui demande. »
  • « Et bien que tu veux simplement qu’il te confirme que tu es une collaboratrice sur laquelle il peut s’appuyer et c’est pour toi une manière de te donner des signes de reconnaissance. »
  • Oui mais s’il me demande combien je veux d’augmentation, qu’est-ce que je vais répondre ?
  • « Combien voudrais-tu ? »
  • « Mais je n’en sais rien moi ! »
  • « Chantale qui continue à vouloir aider Lucie lui dit : « Fais une petite enquête pour savoir à compétence égale, dans les offres d’emploi ce que proposent les entreprises et fixe-toi un seuil minimal comme cela tu pourras mieux négocier avec lui. »
  • « Oh mais je n’en sais rien moi tu es marrante, tu crois que c’est facile de demander ces choses-là ! »

Question que je vous pose :

Quelle est, selon vous, la réaction de Chantale à cet instant ?

Elle est surprise, elle ne comprend pas, le moment de surprise qui fait partie du processus du jeu.

Deuxième histoire :

Celle-ci est extraite du film « 8 mai » :

Antoine s’adressant à Frédéric lui dit :

  • « Hier soir je parlais avec ma femme et on s’est rendu compte que, depuis qu’on a les enfants, ça fait bien longtemps que nous ne sommes pas allés au cinéma. On ne peut pas sortir et laisser les enfants seuls, tu comprends, ils sont trop jeunes encore. »
  • « Vous pouvez faire appel à une babysitter,lui dit Frédéric, il existe de nombreuses associations très sérieuses. Cela vous permettrait de vous retrouver tous les 2 de temps en temps.»
  • « Ah mais oui ,tu comprends, les babysitters cela revient trop cher. »
  • « Et bien tes parents seraient ravis de s’occuper de leurs petits-enfants, en plus cela leur ferait sûrement plaisir de vous rendre service. »
  • « Oh non mon père a eu un problème de santé il y a 6 mois, je ne peux pas les déranger, non. »
  • « Et tes beaux-parents ? »
  • « Mes beaux-parents, tu plaisantes, lui répond Antoine, ils sont trop sévères avec les enfants. Ma femme ne voudra sûrement pas. De toute façon, elle ne s’entend pas bien avec eux. »
  • Frédéric poursuit : « Et il y a ta sœur, elle est célibataire, elle serait sûrement d’accord  de les garder de temps en temps et de passer du temps avec eux. »
  • « Ah non tu comprends, elle habite loin je ne vais quand même pas lui demander de parcourir 40 km juste pour un cinéma. »

Quelle est la réaction, selon vous, de Frédéric à ce moment-là ?

Là encore, il est surpris comme l’a été Chantale.

Il est surpris d’avoir cherché à donner des pistes à son collègue sans y parvenir.

Là, nous sommes en face d’un jeu probablement que l’on va appeler le jeu du oui mais.

Il n’y a pas de demande réelle de la part de Lucie et Antoine et tous 2 étant face à des collègues qui cherchent à trouver des réponses alors qu’ils n’avaient rien demandé.

Voyons un peu, je vais vous poser des questions et je vais vous inviter à y réfléchir pour y répondre.

Je vous poserai ensuite une question pour savoir ce que cela  donne pour vous.

Il y en a 5 :

  1. Vous êtes-vous déjà dit : « Oh non encore ! »  en vous rendant compte que vous étiez en train de revivre pour la énième fois la même situation avec la même personne.
  2. Vous êtes-vous déjà fourvoyé sur les conseils de quelqu’un qui prétendait juste vouloir vous aider.
  3. Vous êtes-vous surpris en train de rabrouer avec un certain plaisir quelqu’un qui venait enfin de commettre une erreur.
  4. Êtes-vous de ceux qui disent : « J’ai fait de mon mieux pour tenir dans les délais mais ça n’a pas marché, c’est toujours à moi que cela arrive. »
  5. Vous êtes-vous déjà senti mal à l’aise à l’issue d’un échange avec quelque’un ?

Avez-vous répondu oui à au moins une de ces questions ?

Alors, si vous avez répondu par l’affirmative, il y a de fortes chances que vous étiez dans un jeu psychologique.

Qu’est-ce qu’un jeu psychologique ?

Déroulement d’une série de transactions cachées complémentaires, progressant vers un résultat bien défini, prévisible. »

Nous explique Eric Berne dans son livre des jeux et des hommes.

Qu’est-ce que cela signifie ?

La présence, de ce que l’on appelle,  un double fond dans la communication, autrement dit, nous avons dans les transactions, un niveau social, le message entendu, et un niveau psychologique, ce qui est sous-entendu, ce que vous allez comprendre  à partir de ce que votre interlocuteur ne vous dit pas clairement.

Par exemple :

Un manager face à son collaborateur :

« Dites-moi, vous ne me présentez pas vos chiffres cette semaine ? »

Le collaborateur répond :

« Non, et pour des raisons que vous connaissez très bien. Vous savez que cela prend du temps. »

Que peut-on imaginer comme sous-entendu à cet endroit ?

  • Que le manager sous-entend que le collaborateur ne fait bien son boulot.
  • Que le collaborateur sous-entend que le manager n’est pas un bon manager, qu’il n’a rien à lui apprendre, qu’il n’a pas besoin de son aide etc.

Pourquoi jouons-nous ?

  • Pour structurer notre temps, pour passer notre temps.
  • Pour recevoir, échanger des signes de reconnaissance, positifs et négatifs.
  • Pour maintenir notre cadre de référence c’est-à-dire notre vision du monde.
  • Pour collectionner des timbres, c’est-à-dire de la rancune vis-à-vis des autres.
  • Pour faire avancer notre scénario de vie etc.

Comment peut-on identifier les jeux psychologiques ?

  • Le non-dit
  • Le sentiment de malaise quand nous sommes avec quelqu’un
  • Le fait d’être surpris
  • L’envie de représailles, de se venger, de répondre de façon agressive
  • Le fait de ruminer, de préparer sa vengeance, la manière dont nous allons répondre à nos interlocuteurs.

L’analyse transactionnelle nous montre comment chacun des partenaires rentrent dans un système relationnel avec un rôle préférentiel :

Persécuteur, sauveteur et victime.

Pour vous expliquer ces différents rôles et rester dans la métaphore cinématographique, j’ai choisi le conte de la belle au bois dormant.

Il y a bien évidemment d’autres contes : cendrillon, blanche neige.

Les jeux peuvent se lire à la lumière du triangle dramatique,  concept a été développé par un analyste transactionnel Stéphane Karpman.

Nos relations s’expriment comme une série D sinistre où, en fonction des circonstances et des interlocuteurs,  chaque protagoniste adopte inconsciemment un rôle. Ces rôles sont au nombre de 3 :

  1. Le persécuteur
  2. Le sauveteur
  3. La victime

Ces rôles bloquent l’évolution de la relation. Aucun n’est meilleur ou pire qu’un autre et ils se nourrissent d’un mélange de peur et de manque de confiance en soi. Ces rôles peuvent générer beaucoup de stress et engloutir des quantités énormes d’énergie.

Comme dans les tragédies, les comédies dramatiques, les personnages se répartissent les rôles principaux et les rôles changent. Ils se jouent au moins à 2 et chacun des joueurs est responsable du jeu. Il n’y a pas de méchant qui joue et un gentil entraîné contre son gré. Chacun des partenaires a son rôle même si l’un paraît plus acharné à jouer que l’autre. La victime a aussi sa responsabilité même si celle-ci est inconsciente.

Souvenez-vous de nos 2 anecdotes et de leur aboutissement.

L’analyse transactionnelle nous montre comment chacun des partenaires entre dans ce système relationnel avec un rôle préférentiel de persécuteur, sauveteur ou victime.

Le persécuteur agit pour son propre intérêt. Son comportement fait souffrir les autres. Une partie de son intention est de punir. Il méconnaît la victime qui pour lui n’a pas d’importance.

Le sauveteur, lui, il se soucie de la victime, il prend sur lui le processus de pensée et de résolution de problème, il en fait plus que sa part. Il fait des choses qu’il ne souhaite pas faire, il méconnaît la capacité de la victime à résoudre son propre problème.

La victime, elle a conscience de sa souffrance réelle ou potentielle et agit comme si elle n’avait pas les ressources pour résoudre son problème ou comme si elle ne pouvait être heureuse que si quelqu’un d’autre changeait ou menait une action pour elle. Elle fait comme si son état de besoin était si aigu qu’il l’empêche de résoudre son problème.  Elle n’utilise pas son état mental adulte pour résoudre son problème. Elle méconnait sa capacité à résoudre son problème.

Donc nos 3 portraits de persécuteur, représenté par la fée maléfique, la victime, représentée par la princesse, la belle au bois dormant, et le sauveteur, représenté par le prince charmant. Il y a aussi les 3 petites fées qui veillent sur le berceau de la princesse dont nous ne parlons pas ici.

 

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