Dimanche passé, j’avais le désir d’aller au cinéma pour assister à un film qui me plait et que j’ai envie de pouvoir regarder depuis plusieurs semaines. Lorsque j’en ai parlé à mon épouse, elle m’a répondu : « Oh non, il fait beau aujourd’hui, on n’a pas vu le soleil depuis plusieurs semaines, on ne va quand même pas aller s’enfermer dans une salle obscure quand on peut en profiter pour aller à la mer ». Nous sommes donc partis passer la journée au bord de la mer.

Cet exemple montre comment je me suis sur adapté au besoin de mon épouse. La sur adaptation, c’est le fait de faire passer les besoins de l’autre au premier plan et d’oublier de satisfaire les siens.

Lorsque je me sur adapte, je deviens passif dans le sens où je méconnais mon besoin et que je ne fais rien pour le satisfaire. Dans l’exemple que j’ai choisi, cela n’a que peu d’importance, car je pourrai aller voir ce film plus tard, mais quand même, quand je fais cela, je ne suis plus mon ami et j’entre en plus dans un mode de relation malsain avec l’autre : la symbiose.

Qu’est-ce que la symbiose ?

C’est un mode relationnel qui se produit lorsque deux personnes se comportent comme s’ils n’en formaient qu’une seule.

Autrement dit, dans un mode relationnel symbiotique l’un au moins des partenaires agit comme s’il n’avait plus accès à une partie de lui-même pour combler les besoins, les manques, les désirs de l’autre.

En apparence, la symbiose est confortable puisque lorsque je suis dans une relation comme celle-là, j’ai le sentiment d’être totalement et complètement compris par l’autre. En effet ce dernier devance tous mes besoins et les satisfait à ma place. Cela est d’autant plus confortable que la relation symbiotique peut être double c’est-à-dire que je vais prendre en charge les besoins de l’autre, qui en contrepartie prendra en charge les miens.

Cependant, dans ce mode relationnel je deviens dépendant de l’autre et je perds également une partie de mon identité.

Ainsi dans mon exemple, en prenant en charge le besoin de soleil de mon épouse, je méconnais mon besoin de distraction. Vous me direz probablement que d’aller à la mer permet également de se distraire, c’est vrai, mais cela ne répond pas vraiment à mon besoin. C’est comme si je vous disais que j’ai envie d’un verre de vin blanc et que vous m’offriez un verre d’eau. Le besoin est en partie résolu, en partie seulement, voilà bien là le problème, car cela crée une frustration que je vous ferai payer le plus souvent inconsciemment plus tard.

Comment en sortir ?

Pour sortir de ce type de conflit interne, la solution se trouve dans l’état du moi Adulte. Comment résoudre le problème : l’un de nous a envie d’une sortie à la mer et l’autre d’aller au cinéma ? Il est évident que plusieurs options existent :

  • Nous pouvons partir tôt pour aller à la mer et rentrer un peu plus vite pour la séance de 20h,
  • Nous pouvons décider de passer la journée du dimanche à la mer et d’aller voir le film ensemble le lendemain soir,
  • Nous pouvons choisir que l’un aille à la mer pendant que l’autre ira au cinéma.

L’ensemble de ces options permet de satisfaire à la fois les deux besoins.

Lorsque je quitte la position d’être à l’écoute de moi et de l’autre, je deviens mon pire ennemi car je mets en place les fondations d’un conflit ultérieur avec l’autre.

Laissez dans les commentaires ci-dessous votre expérience de l’ennemi intérieur.