Ou  : « que notre corps sait-il de nos premiers jours de vie, et que nous en fait-il vivre aujourd’hui ? »

Préambule : Cet article s’appuie sur une suite de réflexions et expériences, ainsi que des notes prises lors de différents ateliers avec William CORNELL TSTA-P.

À propos de l’auteur  :

Dominique Dye :

est psychothérapeute, certifiée en Analyse Transactionnelle, titulaire du Certificat européen de Psychothérapie et formée aux théories et pratiques Reichiennes et néo reoichiennes. Elle est également didacticienne et superviseur TSTA-P. Elle est directrice du  CAFAT, Centre Auvergnat de Formation en Analyse Transactionnelle à Clermont-Ferrand. Elle intervient régulièrement à l’étranger, 8 années pour la formation de coachs au Maroc, et actuellement en Pologne et en Grèce pour la formation des psychothérapeutes. Elle s’intéresse particulièrement aux Diagnostics de Personnalité et aux vécus précoces ainsi que leurs traces dans la personnalité.

Son site :

Le site du cafat  pour l’ancre: www.cafat.fr

 
Il est communément reconnu, que chaque bébé, appréhende le monde avec son corps, sa peau, ses mouvements, et ses facultés sensorielles. Avez-vous déjà observé les mouvements de votre corps au réveil, postures, sensations, mouvements d’étirement ? Je suis souvent surprise, en m’étirant le matin dans mon lit, de me voir faire les mêmes mouvements que j’ai vu de la part de mes enfants bébés ; étirements des bras vers le haut, en partant des épaules et en déroulant le tout, poignets et doigts, accompagné de soupirs profonds, les yeux fermés et sans y penser… Comme si, à cet instant d’interface entre veille et sommeil, je retrouvais des sensations très archaïques et que je n’avais à ma disposition que des compétences sensorimotrices de bébé. A peine abordé par Berne, le protocole est une version archaïque du Scénario (scénario de vie), largement préverbale, basée sur les interactions précoces entre la mère (ou personne qui prend soin du bébé) et le bébé. « Le drame familial à conclusion insatisfaisante, qui est joué pour la première fois dans les toutes premières années de la vie » (Berne, Transactional Analysis in Psychotherapy). Il le pensait vraiment à un niveau de « tissu ». C’est une intériorisation archaïque, c’est-à-dire une incorporation de « comment les choses sont faites autour de moi et avec moi». Pour William Cornell: Le protocole représente “le niveau latent d’organisation somatique et relationnelle, qui précède la formation du Scénario et opère en dehors de la conscience”. Cette trace constitue la base de la construction du sentiment de Soi. Elle est indissociable du corps dans le quel elle s’inscrit. Ce qui se passe au niveau corporel ne fait pas partie de la structure des Etats du Moi, c’est antérieur. C’est une expérience fondamentale à partir de laquelle les Etats du Moi se développent. C’est en examinant la mémoire implicite (en opposition à la mémoire explicite) que l’on  peut appréhender la notion de protocole. La mémoire implicite n’est pas disponible dans le langage, mais peut être amenée dans le langage. On n’en fait pas l’expérience en tant que mémoire, on vit une expérience fondée dans le passé, sans le savoir. Quand nous sommes dans notre Protocole, il y a des niveaux d’organisation ou d’expérience, qui n’étaient pas présents dans la famille ou réprimés, qui faisaient honte, ou peur… Le protocole est, comme le dit Christopher Bollas « le connu, non pensé » : « Je ne pense pas à cela, mais je le sais ; je ne le sais pas de façon cognitive mais je le sais d’une façon fondamentale». C’est souvent en relation avec l’autre que j‘ai l’occasion de pouvoir appréhender les éléments de ma personnalité qui viennent de mon Protocole.
Les réactions corporelles de l’autre, dans la communication inconsciente, vont me permettre d’élaborer la trace en mots…
 
Dominique DYE TSTA Champ psychothérapie, Clermont-Ferrand, le 5 Janvier 2013.