Beaucoup de personnes arrivent dans mon cabinet de consultation avec cette demande : « J’aimerai que vous m’aidiez à être moi » ou simplement «  je veux être moi ».

Vouloir devenir soi-même, cherchez à être soi, voilà une demande plutôt singulière. Comme si l’on pouvait être autre chose que soi-même !

Et pourtant en analysant avec mes clients leur scénario de vie j’ai découvert que beaucoup d’entre eux avaient une réelle interdiction scénarique à s’accepter tels qu’ils sont et donc de vraies difficultés à s’assumer.

Nous vivons en effet dans une société marquée par des « canons » en matière de bien et de mal, de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas, de ce qu’est un homme ou une femme, etc. Ces « canons » sont souvent plus ou moins consciemment repris par le scénario familial d’une personne et parfois même dans son propre scénario de vie.

Or ces « canons » s’ils sont nécessaires et utiles afin d’aider tout à chacun à se situer dans la société dans laquelle il vit peuvent parfois devenir des bourreaux d’une violence inouïe. Quoi de plus violent en effet qu’une interdiction d’être réellement et ouvertement qui l’on est ?

Ce que l’on a vécu de douloureux dans l’accueil inconditionnel de notre identité lorsque nous étions enfants engendre très souvent une incapacité au bien-être social.

Par exemple, un jeune garçon vivant dans une culture très machiste et ayant une attirance pour une carrière artistique dans la danse peut avoir dans son scénario de vie l’idée que la danse c’est pour les filles ou bien que c’est dégradant pour un garçon de faire carrière dans les ballets.

J’ai accompagné plusieurs personnes qui avaient ainsi choisi une carrière professionnelle en total désaccord avec leurs identités profondes pour faire comme papa ou simplement pour entrer dans les canons familiaux : « Chez les Untels ont une profession libérale ou on est chef d’entreprise… quelle honte d’être artisan ou artiste ! ».

Et que dire des jeunes en questionnement par rapport à leur identité sexuelle ou de genre ?

Refuser de s’accepter tels que nous sommes a un prix : l’incapacité à vivre en harmonie avec soi-même, donc avec les autres et dans la société. De plus cela nécessite une dépense considérable d’énergie pour réussir à se bercer d’illusions, à faire semblant, à se tromper soi-même, à croire qu’au fond on n’est pas comme ceci ou comme cela…

La question n’est donc pas d’apprendre à être soi-même ou à devenir qui l’on est, mais bien plutôt de se libérer des carcans qui nous empêchent de nous accepter simplement tels que nous sommes.

Beaucoup de mes clients qui apprennent à se libérer de leurs « scénarios perdants » finissent souvent par se demander : « Comment ai-je pu me cacher la vérité à ce point si longtemps ? ».

La réponse à cette question est souvent simple : la puissance du scénario de vie n’autorise tout simplement pas à faire autrement. Il faut alors un long travail de maturation et de prise de conscience pour en sortir et se donner les permissions nécessaires pour enfin accepter d’être soi-même.

Vous êtes (ou avez été) enfermé dans une injonction scénarique qui ne vous autorise pas à être vraiment libre, laissez votre témoignage ci-après.

Pierre COCHETEUX, partenaire de votre bien-être au travail.