Il arrive que nous ayons l’envie d’attirer l’attention d’un conjoint, d’un ami, d’un collègue de travail sur l’un de ses défauts, dans le but de l’aider à changer ou à s’améliorer. Seulement voilà, proposer une critique constructive est dangereux, car l’autre peut ne pas entendre notre critique. Il peut aussi ne pas comprendre notre désir d’aide, voire se sentir blesser avec notre invitation à changer.

Cette semaine, j’ai envie de vous proposer quelques pistes pour vous aider à formuler des critiques constructives en ayant le maximum de chance d’être entendu.

« Pour critiquer les gens, il faut les connaître. Et pour les connaître, il faut les aimer » Coluche.

Les conditions nécessaires à la critique constructive

Pour offrir à l’autre une critique constructive et saine, plusieurs conditions sont nécessaires :

  • Avoir un contrat clair,
  • Être en position de vie Ok/Ok
  • Être dans l’Adulte

Avoir un contrat clair :

Au moment où nous avons l’envie d’aider l’autre, celui-ci n’est pas nécessairement dans un état d’esprit propice à l’accueil de cette information que nous nous apprêtons à lui communiquer avec bienveillance.

D’autre part, il ne nous a rien demandé. Toute proposition de notre part risque donc d’être interprétée comme une invitation à un jeu psychologique au départ de la position de Persécuteur sans un minimum de précaution.

L’idéal est donc de solliciter de l’autre la permission de lui fournir notre feedback. Voici quelques exemples pour l’obtenir :

  • « J’ai un conseil pour toi, cela t’intéresse t’il que je te le donne ? »
  • « Puis-je te donner un conseil constructif ? »
  • « J’ai remarqué l’un de tes défauts, je pense qu’il peux te nuire, veux tu que je t’aide à le corriger… »
  • etc.

Être en position de vie Ok/Ok

Être dans une position de vie gagnant/gagnant c’est se mettre dans un état d’esprit d’égalité et de bienveillance avec l’autre. Il est nécessaire de considérer l’autre comme une personne bienveillante, capable de changer. Il est important de lui proposer une relation de coopération plutôt qu’une relation de compétition. L’important ici n’est pas d’avoir raison ou tort, mais d’avancer ensemble.

Si je bascule en position de supériorité, ma critique sera reçue comme de la condescendance, et si je me mets en position d’infériorité, elle sera perçue comme un moyen de défense. Dans les deux cas, ma critique sonnera faux et ne sera pas utile à l’autre.

Être dans l’Adulte

Le meilleur moyen de ne pas être perçu par l’autre comme Persécuteur ou comme Sauveteur, c’est de lui donner des informations à partir de mon Etat du Moi Adulte. C’est à dire :

  • Lui donner des informations factuelles,
  • D’éviter toute généralisation (toujours, jamais, etc),
  • De lui parler de ce qu’il a fait ou n’a pas fait, plutôt que de ce qu’il est ou ce qu’il n’est pas.

Exemple : « Lorsque tu gères le dossier machin, tu n’as pas respecté le point 4 de la procédure » plutôt que « tu es nul, tu as encore oublier de mettre en œuvre le point 4 ».

Les écueils à éviter

Pour conclure cet article, je souhaite attirer votre attention sur quelques écueils à éviter dans ce genre de situation :

Le premier et à mon sens, le plus grave serait de confondre la personne avec son comportement. Ce n’est pas parce quelqu’un a fait quelque chose de travers qu’il est mauvais ou nul. C’est le comportement qui est inadéquat, pas la personne.

Le second écueil est de projeter sur l’autre ce que nous ne supportons pas de nous même. Le plus souvent, ce qui nous agace, chez l’autre, c’est ce que nous ne supportons pas chez nous. Il convient alors de prendre le temps de se corriger soi-même avant de proposer à l’autre de changer.

D’autres écueils seraient de ne rien dire ou de minimiser le comportement gênant de l’autre, ou de critiquer l’autre en retour d’une critique pour ne pas l’entendre.

Je vous invite à partager avec moi dans les commentaires ci-dessous vos conseils en matière de critique constructive :