Il existe de nombreuses statistiques qui démontrent que les violences sexuelles concernent toutes les catégories socioprofessionnelles, et qu’elles sont essentiellement commises par des hommes.
Ce qui explique le nombre important de campagnes visant à informer le grand public de la maltraitance subie par les femmes, parfois de la part de leurs conjoints ou d’un proche (80% des cas), parfois subi lors d’un viol.
En fonction des études et des pays, les violences sexuelles toucheraient entre 20 à 30 % des personnes au cours de leur vie.
À titre d’exemple, selon une étude réalisée par l’ONDRP (l’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales) entre 2010 et 2011, environ 600 000 femmes, entre 18 et 75 ans auraient été victimes de violences sexuelles de la part de leurs conjoints, contre seulement 200 000 de la part d’un étranger.

Il existe cependant une autre vérité dérangeante

D’après les statistiques du « service de santé et sociaux québécois », un homme sur six sera victime d’une agression sexuelle au cours de sa vie. Deux tiers des victimes seraient âgés de moins de 18 ans, et 82 % d’entre eux ont été agressés par des femmes de leur entourage. Un nombre important d’entre eux feront au moins une tentative de suicide au cours de sa vie.
La plupart de ces hommes, tout comme leurs homologues féminins, resteront avec des séquelles à la fois sur le plan émotionnel, relationnel et sexuel.

Stop au viol

Lorsque j’effectue sur Google la recherche « stop au viol des hommes », je ne trouve aucun résultat qui alerte les internautes à propos de ce problème.
Sans vouloir minimiser les conséquences néfastes du viol conjugal, qui reste malgré tout en France un tabou en matière de violence au sein des couples, je pense tout comme Michel Dorais, qu’il est utile de soulever le problème des hommes agressés.

L’abus sexuel au masculin

Michel Dorais est un sociologue québécois spécialiste des questions du genre et des sexualités. Il a écrit en 1997 un excellent ouvrage sur la question de l’abus sexuel au masculin qui s’intitule : « ça arrive aussi aux garçons » chez VLB Editeur.
En 2001, toujours chez le même éditeur, il propose : « Mort ou FIF : la face cachée du suicide chez les garçons » en collaboration avec Simon Louis Lajeunesse.
Dans ces deux ouvrages, il aborde de manière simple, témoignages à l’appui, les tabous, les questions existentielles ainsi que les phases critiques que traversent ces « garçons » victimes d’abus sexuels.
Je le cite : « ne le dis à personne… » C’est l’avertissement, sinon la menace, que profère l’homme ou l’adolescent à l’enfant dont il vient d’abuser. Curieusement, le garçon qui divulgue son secret pour la première fois reprend les mêmes paroles : « ne le dis à personne… ».
Connaissant bien le triple tabou qui pèse toujours sur l’agression sexuelle des garçons par leurs aînés :

  • tabous de la vulnérabilité masculine,
  • tabou de l’homosexualité,
  • tabou des rapports sexuels impliquant des mineurs, le garçon comprend qu’il a intérêt à se taire.

Conclusion

Je souhaite par ces quelques lignes ouvrir le débat, plus que la polémique sur un sujet qui selon moi reste trop souvent tabou. Le « viol au masculin » est parfois occulté par l’importance donnée, à juste titre, à celui du « viol au féminin ».

Pierre COCHETEUX, partenaire de votre bien-être au travail.

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