Éric BERNE nous apprend que l’homme doit satisfaire trois soifs existentielles pour pouvoir se développer correctement et tendre vers l’Autonomie. Ces soif sont : la soif de reconnaissance, la soif de stimulation et la soif de structuration.

Dire : « Non » permet de nourrir la soif de reconnaissance en acceptant et en donnant de l’importance à la demande de l’Autre, et permet aussi de satisfaire la soif de structure, en posant des limites, un cadre, une frontière…

Dire : « Non » est, pourtant, pour certaines d’entre nous, une expérience qui peut être douloureuse et traumatisante. Pour ces personnes dire « Non » revient a blesser l’autre, a lui faire de la peine ou a lui faire mal.

Ils mettent en œuvre des stratégies importantes pour y échapper ou pour contourner le problème. J’aimerai vous faire partager une expérience que j’ai vécu il y a quelques année, et qui m’as appris que de ne pas dire « Non » provoquer exactement ce que ces personnes craignent le plus : un traumatisme pour leurs interlocuteurs.

En ce temps la j’étais ami avec une de ces personne qui ont du mal à dire « Non ». Nous fréquentions une association commune, et y avions sympathisé. Si bien qu’un jour, mon épouse et moi-même décidions de l’inviter à partager un repas du soir avec nous. Une date fut prise pour un samedi soir du mois suivant.

Le jour venu, avec mon épouse, nous passâmes la journée à faire des courses, préparer notre « Home sweet Home » afin de le recevoir dans les meilleures conditions possibles. Nous lui préparions également un agréable et copieux repas.

Nous avons mis beaucoup de soin et passé une journée entière pour préparer cette soirée.

Nous lui avions fixé rendez vous à 19h30, afin d’avoir du temps pour échanger et faire d’avantage connaissance.

À 20h, ce soir la, nous attentions son arrivé, satisfait du travail accompli et dans l’excitation de la rencontre à venir.

Ne le voyant pas arriver, nous nous inquiétâmes et nous lui laissâmes plusieurs messages téléphoniques sur son répondeur.

À 20h30 personne. À 21h personne. 21h 30 toujours personnes…

Nous décidâmes de passer à table avec mon épouse et de partager ensemble notre repas.

C’est au alentour de 22h30 que la sonnette retenti enfin ! Notre ami arrivait pour prendre avec nous le dessert.

En discutant avec lui, nous comprime qu’après avoir accepter notre invitation, il en avait accepté trois autre pour le même soir, par peur, probablement, de dire non et de blesser ces interlocuteurs. Pour satisfaire l’ensemble de ses engagements, il avait pris l’apéritif chez un premier couple d’ami, puis l’entré avec le second, le plat chez le troisième et il arrivait pour finir son repas chez nous.

Cette soirée ne se passa pas très bien, et le lien de cette amitié s’étiola progressivement après cette rencontre. Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai compris combien jamais été blessé, et fâché, de l’attitude peu respectueuse de cette personne.

Ainsi, comme le dit parfois l’adage populaire, le mieux est l’ennemi du bien. Être soucieux de ne pas blesser l’autre rend la personne qui se fait peur à l’idée de dire : « non » peu crédible. À force de trop vouloir dire « oui », ce dernier perd totalement de sa force et de sa puissance.

C’est vrai qu’il est plus difficile de dire non je ne suis pas disponible, que d’accepter inconditionnellement la demande de l’autre. Mais c’est à cette condition que les « Oui » que vous direz auront réellement de la valeur. Si vous dites « Non », alors lorsque vous direz « oui », celui-ci sera reçu pour un vrai « oui » plein et entier. Vous gagnerez en crédibilité, vous reconnaîtrez l’autre dans sa demande, et vous estimerez dans son besoin de structures.

Pierre COCHETEUX PTSTA champ Psychothérapie.