« éthique et toxicomanie » de Jacques Quintin.

Un livre à lire absolument.

Jacques Quintin aborde le thème de la toxicomanie d’une manière passionnante et non culpabilisante, non jugeante.

Il réfléchit à celle ci sous l’angle de la recherche de sens et clarifie notre rapport à l’addiction en se servant de la philosophie pour mieux penser à ce qu’elle signifie pour l’être humain.

Il replace le phénomène dans un contexte historique et culturel et décrypte tous les usages notamment codifiés liés aux rites, fêtes religieuses ou non.

Il souligne que la toxicomanie est de nature relationnelle comme la recherche de l’amour, une manière d’être au monde.

Il évoque aussi la dimension existentielle liée à la toxicomanie comme une tentative de combler le manque d’être et de présence à soi.

Ce livre est comme un cristal dont les différentes facettes éclairent la notion de toxicomanie de lumières inattendues autant que passionnantes.

La toxicomanie est plus souvent  abordée de manière normative et dans cet ouvrage, la réflexion est ouverte sur l’éthique de soi ; l’auteur marque bien la différence entre l’intégrisme de la moralité et le risque de faire de la morale en disant que c’est de l’éthique.

Face à la complexité de l’existence et aux différents changements à vivre, l’auteur énonce 4 principes « inachevés par essence » en mettant en garde de ne pas se crisper autour de ceux-ci :

  • « faire en sorte que son action favorise le plein épanouissement de l’existence »
  • « faire en sorte que son action advienne comme elle advient »
  • « ne pas s’attendre à ce que tout soit fait pour soi par autrui »
  • « faire en sorte que son action tienne compte du besoin des autres »

Par son ouvrage, Jaques Quintin contribue à dédramatiser la notion de toxicomanie et à ouvrir le débat autrement. Il décontamine une croyance basée sur une humanité sans drogues et pose un regard réaliste sur ce phénomène.

Plus encore, il montre également comme la drogue paradoxalement est une aspiration  à un monde plus spirituel et en même temps une forme d’anesthésie de soi.