Dépression

Depuis plusieurs semaines, Jules a perdu tout plaisir et tout intérêt dans ses activités professionnelles et personnelles. Il est las, se sent mal dans sa peau et à une bien faible estime de lui-même…

Il est pourtant cadre supérieur dans une grosse société dans laquelle il a des responsabilités importantes et gratifiantes, mais depuis quelques semaines Jules a perdu toutes ses envies.
De plus, Jules ne dort pas bien : il a beaucoup de mal à s’endormir et se réveille parfois plusieurs fois pendant la nuit, ce qui génère une fatigue supplémentaire.
Il lui arrive parfois de rester prostré, le regard figé et terne pendant plusieurs heures sans bouger devant son ordinateur, ou installé dans un fauteuil à la maison.
La moindre contrainte lui est devenue très difficile à assumer. Il a sombré dans un pessimisme qui l’empêche de voir les aspects positifs de sa vie.
Bien sûr, Jules a de nombreux amis autour de lui, dont certains ont repéré son état et ont le souci de l’aider.
Mais lorsque il partage avec eux son ressenti, il obtient souvent comme réponse : « allez Jules, secoue-toi un peu, tu verras ça ira mieux… ».
Cette réponse raisonne dans la tête de Jules comme une sentence qui l’enfonce encore plus et il a alors le sentiment d’être totalement incapable  et nul.

Mais pourquoi tant d’incompréhension de la part des amis proches ?

La dépression est une maladie qui fait peur, et qui en plus est souvent méconnue de la part des personnes qui n’ont pas eu la malchance de la subir.

Face à l’attitude nonchalante, à l’incapacité à se prendre en charge, à l’aspect parfois plaintif que peuvent prendre les demandes d’aide d’une personne dépressive, il est souvent plus naturel et plus facile de réagir à partir de préjugés tels que :

  • Il ne faut pas se laisser aller,
  • Tu n’as aucune raison d’être malheureux. Tu as un travail, une maison une famille…
  • Mais tu as tout pour être heureux,
  • Surtout ne prends pas d’antidépresseurs, cela aggraverait ton cas,
  • C’est honteux de se laisser aller comme ça,
  • Etc.

Les préjugés se nourrissant souvent d’ailleurs de réalité souvent juste dans d’autres contextes : par exemple, il est tout à fait vrai que lorsque l’on est en bonne santé et que l’on ne souffre pas de dépression il n’est pas sain de se laisser aller. En revanche, chez un dépressif la passivité n’est que le symptôme de la maladie.

Aucune personne souffrant de dépression n’ira mieux avec ce genre de conseil.

Quelques conseils pour écouter correctement une personne dépressive

Avant toute autre chose, il convient de bien comprendre que la dépression est une maladie qui se caractérise par des épisodes de baisse d’humeur, d’une baisse de l’estime de soi-même et d’une perte totale ou partielle de l’intérêt et du plaisir dans la vie des personnes concernées.

Il faut également savoir que la dépression est une maladie qui nécessite un suivi médicamenteux par traitement antidépresseur, accompagné d’un travail psychothérapeutique.

S’il y a un dépressif dans votre entourage, il est important de l’aider à prendre conscience qu’il doit consulter son médecin traitant et également se rapprocher d’un psychothérapeute.

Les dépressifs ont parfois tendance à s’isoler et à se couper peu à peu des liens avec leur entourage. Un autre point d’attention est donc de veiller à conserver le lien avec eux.

Comme le dit Joël, croisé par hasard sur un forum Internet : « Vous pouvez avoir tout l’argent, tout le confort affectif ou matériel mais si vous n’avez pas fait un travail sur vous et pardonné le passé, vous serez toujours déprimé. La dépression est comme un vase rempli d’eau, un jour il déborde, votre moi déborde d’émotions non pardonnées; En effet, le moi est comme un magnétoscope, il enregistre tous les évènements de la vie, et un jour, il se rembobine et repasse certaines scènes du passé. »

Les personnes dépressives ont surtout besoin d’écoute bienveillante et de quelques conseils pratiques tels que consulter leur médecin traitant, accepter un suivi psychothérapeutique, et souvent un arrêt de travail relativement long.

Je vous invite dans les commentaires ci-dessous à partager vos expériences d’incompréhension face à votre état dépressif.