Le burn out est nous l’avons déjà vu dans d’autres articles de ce blog, un processus pernicieux qui s’installe progressivement dans la vie d’un travailleur. Insidieusement, presque sans en prendre conscience, la personne s’enfonce et perd progressivement pied jusqu’à ce réveiller un matin sans force et sans énergie.

Toutefois, ce processus est visible pour qui sais y prendre garde et il existe des signes avant-coureurs qui devraient vous alerter. Dans cet article, je souhaite vous rappeler quelles sont les 6 grandes sources du burn out en milieu professionnel.

1 – Le manque de reconnaissance

Éric Berne, le fondateur de l’analyse transactionnel l’avait bien compris et il insiste beaucoup dans ses écrits sur les trois soifs existentielles de l’homme : la soif de stimulation, la soif de reconnaissance et la soif de sécurité.

En milieu professionnel, aucune activité durable, ni profitable pour l’entreprise ne pourra se réaliser correctement si les salariés ne travaillent pas dans un environnement sécure. Mais être en sécurité ne suffit pas à faire vivre la motivation du personnel. Un professionnel qui n’est pas stimulé et qui ne reçoit pas de reconnaissance pour son travail va progressivement se recroqueviller sur lui-même, perdre sa motivation et se désinvestir de son travail. Il développera un sentiment d’isolement, ses relations avec ses collègues de travail vont se détériorer et sa productivité va baisser.

2 – Le surmenage

Le surmenage est un autre grand classique des personnes en situation de burn out. Les causes du surmenage, en milieu professionnel sont toujours plus ou moins les mêmes : réduction d’effectifs, restructurations, augmentation des sollicitations en terme de résultats accompagné d’une baisse de moyens ou d’effectifs, diminution du temps alloué pour chaque tache, etc…

La conséquence a court terme sur les salariés est un épuisement émotionnel, mental et physique, particulièrement chez les plus consciencieux d’entre eux. Bien souvent en effet, ces professionnels consciencieux étaient déjà au taquet bien avant la crise et l’augmentation du niveau d’exigence finit par dépasser leurs capacités, résultat : ils craquent.

Attention au toujours plus avec toujours moins de moyens.

3 – Une rémunération insuffisante

Dans une société en crise, la tendance naturelle des entreprises est à la réduction des trois grandes sources de reconnaissances matérielles : l’argent, le prestige et la sécurité de l’emploi.

Ces diminutions régulières, ou a minima, ce manque de progression dans le statut social des travailleur provoque à plus ou moins long terme un sentiment de stagnation et une perte de la motivation. Sans perspective de carrière particulièrement pour les postes peu gratifiants, un travailleur va s’épuiser plus rapidement.

4 – Des demandes ou sollicitations en désaccord avec les croyances et valeur du travailleur.

Certains corps de métiers sont ici plus touchés que d’autres ; je pense en particulier aux banquiers ou aux assureurs qui reçoivent des objectifs de ventes en total désaccord avec leurs valeurs humaines. Ils doivent vendre tel ou tel produit, même si le client n’en a pas ou peu besoin, parce qu’ils doivent atteindre leurs objectifs. Et ce qui est vrai pour les assureurs et les banquiers l’est également dans bon nombre d’autres professions.

Mais lorsqu’un personne a le sentiment de renier ses valeurs ou ses croyances, elle a bien souvent le sentiment de se renier elle-même. Il s’en suit inévitablement une baisse d’estime de soi, un sentiment de ne plus être à la hauteur et parfois même un sentiment de honte. Résultat le professionnel perds totalement pied et s’enfonce dans le burn out.

5 – L’absence de justice

Une équipe de travail qui vient à manquer de confiance en ses responsables ; un climat de travail dans lequel la franchise n’est plus de mise ou encore le manque de respect mutuel entraineront très vite le sentiment d’injustice au sein de ses membres.

Rien de pire pour le climat de travail qu’une équipe ou règne la suspicion, le sentiment de ne pas être reconnu à sa juste valeur ou pire d’être manipulé.

Les blessures d’injustice provoquent la colère, le ressentiment, la haine même parfois et ces émotions lorsqu’elles ne sont pas gérées correctement finissent pas pourrir totalement l’environnement professionnel. Cela crée sur le moyen terme un environnement toxique pour les membres des équipes concernées.

Lorsque l’on doit survivre dans un environnement toxique et que l’on ne dispose pas de moyens de protections adéquats, on finit par tomber malade.

6 – Le manque de contrôle sur ce que l’on fait, ou le sur-contrôle.

Chacun a besoin pour s’épanouir dans son travail d’un minimum de contrôle ou d’autonomie dans son travail.

Or certaines formes de management centralisent le contrôle par des règlements sur-détaillés où, réduisent l’autonomie des travailleurs. Ces modes de management provoquent, dans le meilleur des cas le désengagement des personnes concernées et dans le pire un comportement cynique et désinvolte.

Conclusion

Pour éviter le burn out

Si vous êtes un employeur soyez attentif à distribuer suffisamment de signes de reconnaissance ; à éviter le surmenage ; à proposer une rémunération correcte ; à éviter de donner des objectifs en désaccord avec les valeurs des personnes concernés ; à demander à vos cadres d’avoir une politique managériale équitable et à laisser un minimum d’autonomie et de contrôle a vos collaborateurs.

Si vous êtes un salarié, veillez à solliciter auprès de votre responsable de la reconnaissance régulièrement ; apprenez à dire non ; veuillez à avoir un mode de rémunération satisfaisant soit en numéraire, soit en avantages divers ; expliquez vos croyances et vos valeurs, en particulier si vous percevez un désaccord avec ce qui vous est demandé ; et vérifier que vous ayez suffisamment d’autonomie dans votre travail.

Pierre COCHETEUX, partenaire de votre bien-être au travail.