Quels sont les facteurs qui dans notre communication avec les autres peuvent être déclencheurs d’agressivité ou de colère ?

C’est la question à laquelle je vous invite à réfléchir avec moi cette semaine.

Plusieurs outils de l’analyse transactionnelle peuvent nous aider à répondre à cette question.

Je vous propose, pour commencer, de réfléchir à cette question à partir des positions de vie.

Les positions de vie.

Selon Éric Berne, nous avons deux façons de nous situer en relation avec les autres :

Je peux penser de moi-même :

  • Que je suis quelqu’un de bien ou
  • Que je suis quelqu’un de nul

Je peux penser des autres :

  • Qu’ils sont des gens bien ou
  • Qu’ils sont des gens nuls.

Il découle de ceci quatre options possibles, que l’analyse transactionnelle appelle les positions de vie :

  1. Je suis bien, les autres sont bien = +/+
  2. Je suis bien, les autres sont nuls = +/-
  3. Je suis nul, les autres sont bien = -/+
  4. Je suis nul et les autres sont nuls = -/-

Or, toujours d’après Berne, seule la position de vie +/+ (Je suis bien, les autres sont bien) engendrera une communication emprunte de respect et de dignité.

Ce qui implique que les positions de vie suivantes engendrent l’ agressivité ou la colère dans les relations avec les autres :

  1. Je suis bien, les autres sont nuls = +/-
  2. Je suis nul, les autres sont bien = -/+
  3. Je suis nul et les autres sont nuls = -/-

La première parce qu’elle implique une position de supériorité vis-à-vis des autres.

La seconde parce qu’elle implique une position de soumission et contient le conflit en germe.

Enfin, la troisième est la pire, car elle implique un sentiment de désillusion.

Exemple :

Si après une journée d’école difficile, je rentre fatigué du lycée et que mes parents me trouvent vautré devant la télévision ils peuvent :

  • Position de supériorité : Quoi, qu’est ce que tu fais là ? Tu devrais plutôt faire tes devoirs.
  • Position d’infériorité : Navré de te déranger durant ton film… Tu pourrais peut être… en fait… on sait que tu fais ce qui est bon pour toi…
  • Position d’égalité : Ok tu es fatigué et tu souhaites te reposer un peu. Quand as-tu prévu de faire tes devoirs ?

Ainsi, si l’on souhaite réellement avoir une communication efficace avec les autres et éviter de provoquer l’ agressivité et la colère, la seule position de vie qui soit efficace est la position d’égalité (+/+).

Mais il convient de comprendre autre chose pour rester vraiment dans la position d’égalité : le sens de la communication est dans la réponse qu’elle provoque, et non dans l’intention que vous y avez mise.

Ainsi, si vous avez le sentiment de vous positionner en +/+, mais que votre interlocuteur perçois plutôt une position -/+, il vous faudra en tenir compte pour revenir en +/+.

Conclusion

L’un des paramètres qui permet d’éviter d’entretenir avec les autres des relations qui risquent à terme de sombrer dans l’agressivité ou la colère, est d’être attentif à la position existentielle (position de vie) dans laquelle je me présente lorsque je suis en relation avec l’autre.

Il convient également de prendre en compte une règle de base de la communication qui est :

Ce qui doit être pris en compte dans la communication, c’est la façon dont l’interlocuteur a interprété votre message plutôt que l’intention que vous y avez mise.

La semaine prochaine, j’aborderai la question sous l’angle des États du Moi.

Je vous propose de partager avec moi vos exemples de relation égalitaire dans les commentaires ci-dessous :