Certaines circonstances de la vie font basculer notre vie en un très court instant : prise de conscience, accidents, maladies, deuils, divorce, … Ces événements arrivent parfois comme des séismes qui ébranlent jusqu’à nos convictions, nos croyances, nos valeurs et provoquent un véritable effondrement de notre personnalité.

Nous n’avons alors le sentiment que plus jamais le soleil ne brillera dans notre vie et que tout est fini. C’est en tout cas le sentiment que j’ai personnellement traversé lors d’épreuves importantes dans ma vie comme le décès de mon frère par exemple.

Nous avons alors l’impression d’être impuissants et parfois nous basculons dans la dépression, la mélancolie, le manque d’énergie et d’envie ce qui est un chemin dangereux qui peut parfois conduire certains d’entre nous jusqu’au suicide.

Comme le dit Rudyard Kipling dans son magnifique poème « Si » :

« Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties

sans un geste et sans un soupir…

Pourtant lutter et te défendre »

Ces accidents de la vie nous invitent à une double épreuve :

  1. Trouver l’énergie nécessaire pour y faire face et se reconstruire,
  2. Rebâtir une autre, une nouvelle vie.

Comment parvenir à faire face à ces épreuves de la vie ?

Premier piège : s’enfermer dans l’isolement

La principale difficulté qu’il conviendra d’affronter en premier lieu est de ne pas sombrer dans cette sorte de pessimisme, surtout lorsque les épreuves de la vie ont laissé derrière elles des blessures irréparables.

Une fois le choc passé, nous basculons alors souvent dans le déni. Le déni est cette capacité spécifiquement humaine à refuser de voir l’évidence. Lorsque nous sommes bloqués dans cette phase, nous sommes incapables d’ouvrir les yeux et de voir la réalité en face. Souvent parce que cette réalité est trop douloureuse, trop lourde à porter ou trop difficile à assumer.

Puis vient ensuite le temps de la colère et du marchandage : Je me souviens que le soir du décès de mon petit frère, alors que je commençais à réaliser qu’il était vraiment mort avoir tenter de marchander avec dieu une solution pour qu’il revienne à la vie, en promettant secrètement de faire quelque chose de bien spécifique si cela arrivait.

C’est alors que le plus difficile arrive. Une fois sorti du déni et les premières colères étant passées, viennent la tristesse et la mélancolie. Survivre à la mort ou à une rupture est probablement l’une des expériences les plus douloureuses d’une vie humaine.

Dans les jours, parfois les semaines et les mois qui suivent, nous ne pensons à rien d’autre qu’à la personne disparue. Tout dans ce que nous vivons nous y ramène d’une manière ou d’une autre : discussion avec les autres, émission de télévision, lectures, etc.. Et nous n’avons alors plus qu’un seul besoin : rester blotti au fond de notre lit pour ne surtout plus en sortir.

Mon premier conseil : ne restez pas seul chez vous.

Second piège : ne pas demander d’aide

Nous nous isolons ainsi progressivement, perdant petit à petit contact avec la réalité et avec les autres.

Au début, pourtant des amis fidèles et réels  nous proposent leur aide, mais nous la refusons bien souvent, par peur de les ennuyer, de les déranger, ou d’abuser de leur confiance.

S’isoler et ne pas demander d’aide est probablement le meilleur moyen pour aller encore plus mal et pour s’enfoncer rapidement dans la déprime.

Durant cette phase, la tristesse est parfaitement normale et fait intégralement parti du processus de deuil.

Mon second conseil : demandez de l’aide.

À un copain, un ou une amie, un parent, ou un thérapeute.

Troisième piège : la résignation

Seul à ruminer au fond de mon lit ma tristesse et mon chagrin, je peux alors me résigner.

La résignation, c’est l’abandon pur et simple du combat pour la vie.

« L’espoir, au contraire de ce qu’on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c’est ne pas se résigner. »

Albert Camus

Il y a une différence importante entre la résignation et l’acceptation.

La résignation est l’abandon du combat pour la vie de celui ou de celle qui après avoir tout tenter pour revenir à la situation précédente, finit par laisser tomber et qui sombre dans la dépression.

L’acceptation est l’attitude de la personne qui consent à regarder le manque ou le vide laissé par l’absence de l’autre et qui décide de prendre le temps de combler cet espace vide autrement. Il ne s’agit plus ici de se battre contre, mais de vivre avec.

Mon troisième conseil : prendre conscience de votre vulnérabilité et accepter de demander du soutien aux autres.

Vous pouvez par exemple participer à un groupe d’entraide, il en existe de plusieurs types :

  • Groupe de parents ayant perdu un enfant, de frères ou sœur,
  • Groupe de frères et sœurs de personnes handicapées,
  • Groupe de conjoint, de parents, de personne homosexuelle,
  • Groupe de divorcés,
  • Groupe de célibataires,
  • Etc.

Vous pouvez aussi vous entourer d’un petit groupe d’amis avec lesquels vous participerez régulièrement à des soirées jeux, à des sorties spectacles, à une activité sportive, etc.

Conclusion

Les accidents de la vie sont des épreuves importantes que nous avons à traverser parfois dans une vie d’homme ou de femme.

Loin d’être insurmontable, ces épreuves peuvent être des expériences de croissance ou des occasions de grandir en humanité, sous réserve d’éviter quelques pièges comme l’isolement, l’enfermement, l’incapacité à accepter l’aide des autres ou à la solliciter.

Je vous invite à me faire part dans les commentaires ci-dessous de vos principales difficultés dans ces phases de deuil qui jalonnent souvent nos vies humaines…

Vous avez besoin d’aide ou de soutien, je peux vous accompagner par skype, contactez-moi ici.