Je souhaite partager avec vous trois astuces pour gagner du temps avec l’analyse transactionnelle. Nous verrons dans un premier temps que, pour gagner du temps, il est important  de s’offrir la permission de prendre son temps. Nous apprendrons ensuite à identifier les formes de passivité qui nous poussent à la procrastination. Enfin nous apprendrons à répartir correctement l’utilisation que nous faisons de notre temps grâce à la structuration du temps.

Cet article participe à l’évènement interblogueurs 3 astuces pour gagner du temps, organisé par le blog Coach Relax.

1 – Le Driver « Dépêche-toi » :

Le driver est comme une sorte de force qui nous pousse à agir en de nombreuses occasions de notre vie, souvent malgré nous et hors du champ de notre conscience. Ce terme vient du verbe « Drive » en anglais qui signifie conduire.  Les drivers appartiennent à la théorie du scénario de vie. Ils agissent sur notre scénario comme des solutions illusoires aux injonctions.  Ils ont été pour la première fois décrits par Taibi Kahler et Hedges Capers dans un article publié en 1974, dans les actualités en analyse transactionnelle numéro 4.

Ils sont au nombre de cinq : « sois parfait », « fais plaisir », « fais des efforts », « sois fort », et « dépêche-toi ».

C’est ici le driver dépêche-toi qui nous intéresse. Les personnes qui agissent sous l’influence du driver « dépêche-toi » sont généralement agitées, elles travaillent vite, réfléchissent rapidement et peuvent accomplir beaucoup de tâches en très peu de temps. Mais bien souvent, ces personnes agissent dans la précipitation et commettent des erreurs qu’il faudra corriger par la suite. Elles surchargent leur emploi du temps oubliant au passage des actions ou des activités importantes.

La première astuce pour gagner du temps est donc d’identifier vos drivers et de vous offrir la permission de prendre votre temps surtout si vous êtes concernés par le driver « dépêche-toi »

2 –  la passivité :

On imagine la plupart du temps la passivité comme étant l’action de ne rien faire ou plutôt, comme étant de l’inaction.  C’est en partie vrai. Les analystes transactionnels considèrent  comme passif l’ensemble des comportements visant à ne pas s’occuper du problème essentiel, souvent de manière inconsciente.  Il y a donc quatre modes d’action de la passivité à surveiller :

  • Ne rien faire : c’est la manifestation passive la plus évidente. Il s’agit de l’inaction.
  • Se sur adapter : au lieu de m’occuper avec réalisme de mon besoin, je vais me plier aux exigences réelles ou imaginaires des autres. Ici je ne suis plus au service de mon besoin mais je m’adapte à ce que les autres attendent de moi.
  • S’agiter : l’agitation rejoint le point précédent. Lorsque je suis agité, je remplis mon agenda, mon espace-temps, ma vie, d’un nombre important de choses secondaires. Je ne m’occupe donc pas de l’essentiel.
  • La violence ou l’incapacitation : dans ce mode de passivité, je retourne l’énergie contre les autres dans un accès de violence (cris, insultes, objets jetés etc.) ou contre moi en m’incapacitant (tomber malade, s’évanouir, ne plus avoir d’énergie, etc.).

Ma seconde astuce pour gagner du temps est donc de repérer votre mode de passivité habituelle et de vous questionner sur ce qu’il vous évite de régler, de faire ou de résoudre…

3 –  La structuration du temps :

Éric Berne nous informe dans « que dites-vous après avoir dit bonjour ?» que l’être humain structure son temps de 6 façons différentes : Le retrait, le rituel, les passe-temps, l’activité, les jeux psychologiques et l’intimité.

Berne considère que nous aspirons tous à l’intimité. L’intimité est la capacité d’exister en confiance et en vérité face aux autres, en n’ayant aucun besoin de dissimuler qui nous sommes. Cependant, cette capacité à entrer dans l’intimité à laquelle nous aspirons, nous fait également très peur. C’est pourquoi nous avons besoin pour y accéder de structurer notre temps en différentes étapes qui se complètent les unes les autres.

Dans le cadre de cet article, le mode de structuration qui nous intéresse est celui de l’activité. Et pour être efficace lorsque nous sommes dans l’activité, il est nécessaire, lorsque nous devons travailler avec les autres, de prendre le temps du retrait, celui du rituel et même celui du passe-temps. Ce temps, trop souvent considéré comme futile, prépare en réalité le terrain de l’action. Je vous renvoie ici à mon article sur la structuration du temps  publié sur mon blog en octobre 2011.

Mon troisième conseil pour gagner du temps avec l’analyse transactionnelle est donc de structurer convenablement votre temps en prévoyant du temps pour chacun des modes décrits par Berne.

Dans cet article, j’ai démontré l’importance de s’offrir la permission de prendre son temps, d’être attentif à nos formes de passivité et à la manière dont nous structurons notre temps. Bien souvent l’on considère les méthodes de gestion du temps comme des moyens d’optimiser au maximum son temps, c’est-à-dire de remplir au maximum l’espace de la productivité. Ce que j’espère avoir démontré ici est que le meilleur moyen de gagner du temps est d’accepter d’en perdre

Pierre COCHETEUX, PTSTA Champ clinique.

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crédit photo :declicjardin